Test des Freebuds 3, que valent les premiers écouteurs à réduction de bruit de Huawei ?

Ils sont la réponse de Huawei aux AirPods d’Apple. Dévoilés lors de l’IFA de Berlin en septembre dernier, les Freebuds 3 ont été présentés comme une révolution par leur constructeur, avec leur système de réduction de bruit « made in China ». Sauf que quelques semaines avant, Sony avait dégainé son WF-1000XM3 et qu’Apple a depuis bluffé tout le monde avec ses AirPods Pro. Les Freebuds 3 se retrouvent ainsi face à deux rivaux difficiles à détrôner.

LM/01net – Le boîtier des Huawei Freebuds 3 est plutôt compact.

Pour être tout à fait honnête, ces écouteurs ne jouent pas tout à fait dans la même cour que ceux des deux autres marques. Il sont commercialisés 190 euros, soit 90 de moins que les AirPods Pro et 60 de moins que les Sony 1000XM3. Surtout, leur conception est très différente, puisqu’il ne s’agit pas d’écouteurs intra-auriculaires, mais d’écouteurs « open fit ». À l’image des AirPods premiers du nom, ils reposent sur le pavillon de l’oreille, mais n’obstruent pas complètement le conduit auditif.

Proposer de la réduction de bruit active sur un tel form factor est osé. Les modèles les plus efficaces du marché — qu’il s’agisse de casques ou d’écouteurs — proposent avant tout une excellente réduction de bruit passive rendue possible par des matériaux comme de la mousse ou du silicone. Seul Bose avait réussi précédemment un entre-deux efficace avec les embouts StayHear+ de ses QuietComfort 20. Très isolants, sans toutefois être complètement intra-auriculaires.

LM/01net – Les Huawei Freebuds 3 n’isolent pas du tout du monde extérieur.

Huawei passe à côté de la réduction de bruit

Le challenge s’annonçait donc difficile pour Huawei. Et autant ne pas faire durer le suspense, le résultat est… décevant. Le pari nous semblait fou, il est surtout perdu. L’effet de la réduction de bruit s’entend en effet à peine. Par exemple dans les transports, il réduit légèrement certains bruits de roulement, mais laisse encore la grande majorité des sons atteindre nos tympans.

Il est possible d’ajuster la réduction de bruit grâce à une molette disponible au sein de l’application AI Life de Huawei. On l’adapte ainsi aux spécificités de son conduit auditif en orientant la réduction de bruit dans l’écouteur. On remarque en effet une légère différence quand cela est bien réglé, mais rien n’y fait, Huawei est loin, très loin, d’atteindre les performances bluffantes de ses concurrents.

Pour gérer le système, le constructeur chinois a pourtant conçu sa propre puce Kirin A1, une sorte d’équivalent de la puce H1 d’Apple incluse dans les AirPods Pro. Comme chez son concurrent américain ou chez Samsung avec les Galaxy Buds, cette puce permet aussi un jumelage aisé avec les smartphones Huawei. Il suffit d’ouvrir le boîtier de charge contenant les écouteurs à proximité d’un téléphone de la marque pour qu’une fenêtre apparaisse sur l’écran d’accueil et propose d’appairer les deux en Bluetooth. Il faut toutefois pour profiter de cette fonctionnalité avoir la surcouche EMUI 10 sur son smartphone. Elle est en cours de déploiement sur les appareils Huawei et Honor.

Huawei Freebuds 3 LM/01net – Le boîtier des Huawei Freebuds 3 peut se charger sans fil.

Ou est passé le prometteur codec BT-UHD ?

L’autre grande nouveauté vient du codec proposé par ici par Huawei. Le constructeur a mis au point le BT-UHD qui permet de monter jusqu’à un débit théorique de 2,3 Mb/s. L’information a son importance puisque jusqu’à présent le codec fournissant le meilleur débit était le LDAC de Sony qui s’approchait de 1 Mb/s. Cela permet de faire passer un signal contenant un fichier audio non compressé et donc de profiter d’une meilleure qualité sonore.

Ce débit absolument inédit dans le monde du Bluetooth permettrait par exemple de diffuser vers un casque un flux stéréo 24bits/96 kHz presque sans perte. Toutefois, Huawei n’a pas vraiment su nous expliquer dans quelles conditions ce codec serait accessible aux utilisateurs, simplement qu’il servirait seulement à transmettre le signal entre les deux écouteurs. De notre côté, nous n’avons réussi qu’à diffuser le son vers les Freebuds 3 au format AAC.

LM/01net – Le témoin de charge des Huawei Freebuds 3.

En pratique, il faudrait surtout que les Freebuds proposent déjà une capacité matérielle suffisante pour profiter de cette qualité sonore. Cela n‘est pas du tout le cas. Comme le montre le test de bande passante réalisé par le labo de 01net, les Freebuds 3 sont les champions des hauts médiums. Oubliez les basses qui vous font vibrer, oubliez les aigus qui permettent d’aiguiser les détails, vous ne profiterez à peu près que des voix. Et encore, jusqu’à un certain point tant la distorsion se fait entendre rapidement lorsqu’on monte le volume.

Enfin, le constructeur chinois a même du mal à se rattraper sur l’autonomie du produit, puisqu’avec la réduction de bruit activée on atteint à peine 3 heures. Mieux vaut alors la désactiver – vu son utilité – pour atteindre 4 h 22 bien plus en phase avec les canons du marché. A ce prix-là, mieux vaut donc se tourner vers les convaincants Libratone Track Air+.

Auteur de l’article : manuboss