On a testé The Frame de Samsung : la TV de ceux qui n’aiment pas les téléviseurs

Et si The Frame devenait enfin un bon téléviseur ? Le concept de TV/tableau de Samsung a été boudé dans ses précédentes versions par les amateurs d’image qui lui reprochaient, à juste titre, une certaine légèreté en la matière. Le constructeur coréen a décidé de prendre les choses en main avec une nouvelle version QLED et 4K, sans pour autant renier ce qui fait la spécificité de ce modèle : son goût pour l’Art. 

Design : le téléviseur le plus séduisant du marché 

Le design est incontestablement le point fort du 55QELS03. Le téléviseur de Samsung n’est pas seulement censé représenter un tableau, il a été pensé comme tel. Ainsi, lors de l’achat, le futur propriétaire à la possibilité de choisir la couleur du cadre qui va entourer le châssis du téléviseur, lui donnant réellement les traits d’une oeuvre d’art. Par défaut, c’est le cadre le plus classique, le noir, qui est livré avec le téléviseur mais il est possible d’opter pour un contour blanc ou chêne pour 99 euros supplémentaires. Ce contour aimanté se fixe très simplement sur la charnière du Frame et peut donc être remplacé selon l’envie. 

Lionel Morillon – 01 Net – Samsung a également soigné la télécommande de son Frame pour coller au design si unique du téléviseur.

Nous serions tentés de dire, du fait se son originalité, que le seul emplacement envisageable pour The Frame c’est d’être accroché au mur. C’est une telle évidence que Samsung fournit le kit de fixation mural dans le carton du téléviseur. Si toutefois, l’accroche murale ne convenait pas, l’écran est livré avec des pieds classiques, mais au risque de nous répéter, ce serait perdre l’essence de ce qui fait le sel du Frame. 

Lionel Morillon – 01 Net – Le kit de fixation murale compris dans le carton du Frame.

D’autant plus qu’à l’inverse de nombreux téléviseurs qu’on souhaiterait apposer sur un mur, mais dont on peine à cacher les câbles, le TV-tableau bénéficie de la technologie d’intégration de Samsung, c’est à dire son boîtier One Connect. Celui-ci concentre toute la connectique du téléviseur et ne nécessite qu’un fil transparent pour être relié à la télé. Pour un téléviseur qui veut faire s’effacer de votre vue, quoi de mieux qu’une boîte qui fait également disparaître ses fils ? 

Lionel Morillon – 01 Net – One Connect, le boîtier déporté qui concentre la connectique du téléviseur.

The Frame côté TV : une qualité d’image en progrès 

Le premier modèle de The Frame avait subi les foudres de la critique. La raison ? Une qualité d’image déficiente pour un téléviseur vendu plus de 1 000 euros. Beaucoup de consommateurs soupçonnaient alors Samsung de s’être contenté d’intégrer des capteurs de luminosité et un cadre en bois à un modèle milieu de gamme. Avec l’ajout de la technologie QLED et le support de la 4K, The Frame, dans sa version 2019, veut faire le nécessaire pour ne plus être taxé de la même légèreté. 

Dans les faits, il y a des progrès. Notamment en matière de luminosité où The Frame était en souffrance par rapport à la concurrence. Avec une luminosité maximale mesurée de 600 cd/m², cette nouvelle version fait bien mieux. Idem au niveau du contraste, avec une valeur proche des meilleurs modèles LCD testés dans notre labo. En revanche, c’est au niveau de la colorimétrie que le téléviseur-tableau de Samsung flanche. Le 55QELS03 est à la peine sur la fidélité des couleurs. Nous avons ainsi mesuré  un delta E de 5,77 en mode cinéma. Il obtient tout juste la moyenne sur ce point, loin des dernières productions de Samsung en QLED.

De la même façon, The Frame est vraiment à la peine côté son, les basses étant tout simplement inexistantes. Certes, ce n’est pas sa mission première mais une qualité minimale est requise sur un téléviseur à 1500 euros et, en l’occurrence, elle n’est pas atteinte. 

Tizen : un OS de plus en plus séduisant

C’est peu dire que Tizen, le système d’exploitation de Samsung, a fait des progrès ces derniers mois. Les téléviseurs du constructeur coréen que nous avons testés cette année bénéficient tous d’une navigation mieux ordonnée et plus rapide. Pour en savoir plus sur Tizen, nous vous invitons à relire le paragraphe que nous lui avons consacré dans notre test du Samsung 65Q85R.

Lionel Morillon – 01 Net – Tizen est une alternative plus que crédible à Android TV.

The Frame côté tableau : un jeu subtil avec la lumière 

Comment l’écran de Samsung fait-il pour se faire passer pour un tableau ? En dehors de l’aspect, ce qui frappe l’utilisateur du téléviseur de Samsung c’est la tonalité de l’image lorsqu’un tableau ou une photo sont affichés. En réalité, The Frame utilise un capteur de luminosité ambiante qui s’ajuste en fonction de l’éclairage dans la pièce. L’objectif, plutôt réussi, est de donner une tonalité assez froide, assez proche de celle d’un vrai tableau. Le capteur permet également au téléviseur de s’allumer ou de s’éteindre si la pièce dans laquelle il est installé est occupée (et si l’utilisateur le souhaite). Qu’on adhère ou pas au parti pris esthétique de The Frame, il est indéniable que ce que Samsung tente de réaliser avec cet écran est réussi. Le téléviseur donne vraiment l’illusion d’être une oeuvre d’art. Il suffit de constater les remarques et l’étonnement de ses invités lorsque le téléviseur est accroché dans son salon (ce qui était le cas lors de notre test) pour s’en convaincre. 

Lionel Morillon – 01 Net – Les options de l’application ArtStore de Samsung.

De l’art mais à quel prix ?

L’Art est la raison d’être de ce téléviseur pas comme les autres. En plus d’un mode d’éclairage dédié, Samsung a intégré à son écran l’ArtStore une application qui regroupe les collections de certains musées majeurs ou de galeries célèbres. À l’image d’un Netflix, pour les séries, cette application permet de profiter de toiles et des photos issues de collections prestigieuses. Ainsi, ArtStore intègre des oeuvres provenant aussi bien du Prado que de la photothèque de l’agence Magnum. 

Samsung – Accroché au mur, The Frame donne vraiment l’illusion d’être un véritable tableau.

Libre alors à l’utilisateur de faire le tri parmi les tableaux et autres prises de vue célèbres. Le service intègre une offre gratuite d’une trentaine d’oeuvres, mais dès lors qu’on souscrit à l’abonnement (4,99 euros par mois), le catalogue explose. En revanche il est regrettable que Samsung n’offre pas plus d’un mois d’essai pour un service qui paraît assez cher sur la durée, surtout en comparaison des tarifs affichés par les plates-formes de SVOD. Même chez un constructeur de TV, l’accès à l’Art garde un caractère excluant. 

L’utilisateur du Frame est libre de choisir le fond d’écran de son choix, de déterminer sa durée d’affichage et la rotation d’oeuvres d’art qui seront affichées par le téléviseur. Bien évidemment, les options disponibles pour les peintures les plus célèbres le sont également pour vos photos de vacances ou les productions artistiques du petit dernier. En effet, il est possible d’afficher son propre contenu sur The Frame et le diffuser à sa convenance. 

Lionel Morillon – 01 Net – The Frame peut aussi reposer sur des pieds, mais c’est tout de suite moins joli.

La consommation : un point faible bien regrettable 

Un dernier point qui est tout sauf anecdotique pour un téléviseur qui, par essence, reste allumé plus longtemps que les autres : la consommation. En effet, celle du Frame est très en deçà des attentes. En veille, le résultat des mesures est déjà élevé avec un résultat de 0,5 W. Mais le souci principal réside dans la consommation constatée en mode tableau qui est sensiblement identique à celle du téléviseur lorsqu’il est allumé. Avec 41W au compteur, profiter d’un sympathique panel d’oeuvres d’art entre en contradiction avec le fait d’avoir une conscience écologique. 

Auteur de l’article : manuboss

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